Belle aventure humaine dans la poursuite d'une exploitation familiale en Minervois - Actualité viticole - Un Vigneron A La Maison
Le courage, la détermination, l'amour de la terre a encore gagné :
une exploitation familiale en Minervois est reprise par la benjamine.
C'est avec la conviction de faire le bon choix que Aude Saly, du Domaine de la Salynette, continuera à produire des vins de pays sur des cépages qu'elle connait bien, en refusant la sirah qui lui donnerait pourtant peut être accès à l'appellation Minervois. Rouge, rosé (avec cépage aramon) et bientôt blanc, on souhaite le meilleur à cette vigneronne diplômée qui baigne dans l'environnement viticole depuis sa plus tendre enfance.
Belle histoire d'une reprise d'un domaine par une femme dans un environnement plutôt macho, selon les dires de Aude.
P KAZEK le 05/01/2011
Le courage, la détermination, l'amour de la terre a encore gagné :
une exploitation familiale en Minervois est reprise par la benjamine.
C'est avec la conviction de faire le bon choix que Aude Saly, du Domaine de la Salynette, continuera à produire des vins de pays sur des cépages qu'elle connait bien, en refusant la sirah qui lui donnerait pourtant peut être accès à l'appellation Minervois. Rouge, rosé (avec cépage aramon) et bientôt blanc, on souhaite le meilleur à cette vigneronne diplômée qui baigne dans l'environnement viticole depuis sa plus tendre enfance.
Belle histoire d'une reprise d'un domaine par une femme dans un environnement plutôt macho, selon les dires de Aude.
P KAZEK le 05/01/2011
Article dans l'Indépendant le 05/01/2011 :
Edition du 05 01 2011
CARCASSONNE 2011, l'année de tous les défis pour le vin de pays d'Aude Saly
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Sept générations de vignerons se sont penchées sur les ceps noueux, sous le soleil du Minervois. La flamme pouvait-elle s'éteindre, faute de repreneur ? C'était plausible, puisque Aude, dernière-née au domaine de la Salynette, est fille unique. Mais c'était compter sans le cocktail que la famille a distillé dans le biberon. « A six mois, j'étais sur le tracteur. Mon grand-père est un intuitif, il sent la terre. Il a su me faire passer cet amour du grand air, de la terre, la patience, et aussi être à l'écoute de la nature, vivre avec les saisons ». Contemplative,
elle avoue l'être à ses heures, même si elle ne tient pas en place. « Il faut de l'énergie, et être robuste. Car c'est un métier physique et éprouvant. Je n'ai jamais eu autant de tendinites ! »
Des qualités, elle en a, Aude, à commencer par la détermination. « Je suis immergée dans un monde de machos ! Mon grand-oncle ne m'a pas adressé la parole pendant un mois et demi, le jour où j'ai dit que j'allais vinifier moi-même. Il refuse de me laisser accéder au nouveau tracteur. Alors que c'est le mien...»
Création de nouvelles cuvées
Dix hectares de vieux carignan, merlot et grenache noir, et un peu d'aramon pour innover sur un rosé frais et fruité. De nouvelles plantations sont en projet, avec, à la clé, l'élaboration de blancs. Comme toujours, grâce à la nouvelle génération au caveau, c'est un souffle nouveau qui bouleverse les exploitations familiales. Forte de ses diplômes : une double licence de Droit et de viti-œno, confortée par le brevet professionnel du Quatourze, Aude sait affiner le lien entre la tradition et les nouveaux usages en vigueur. « Je ne revendique pas l'appellation, car elle impose des cépages comme la syrah que je refuse catégoriquement. Je produis du vin de pays d'Oc et de département ». Pour l'instant le domaine reste à 50 % en cave particulière et 50 % en coopérative mais amorce un virage : « Je veux créer de nouvelles cuvées, et privilégier la bouteille, au détriment du vrac ». Nouvelles cuvées, location de Gîtes de France, développement de nouveaux marchés, extension du bâti avec un nouveau hangar, Aude multiplie les projets et les casquettes. Elle passe de la taille à l'administratif, de la cave au volant de son camion. Une motivation louable dans la conjoncture actuelle, très défavorable aux installations.
« L'année dernière a été catastrophique, entre le gel et la sécheresse, la production a été faible. Mais les prix remontent. S'installer en 2011, ça a un côté terrifiant, admet-elle . Mais c'est gratifiant. J'aurais pu être salariée, mais mes clients m'ont fait comprendre que mon vin était bon. Je me suis aperçue que j'étais capable, non seulement d'élaborer de belles cuvées, mais aussi de faire passer un message personnel». Aller au bout des choses. C'est un luxe qu'Aude mesure et savoure à la fois. Lucide et épanouie.
V. D.
Lire l'article dans l'Indépendant le 05/01/2011
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