Article Sud-Ouest : Ateliers de dégustation de vin : un tour de France des appellations qui affiche complet - Actualité viticole - Un Vigneron A La Maison
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Sud Ouest 14 décembre 2010 06h00 | Par Emmanuelle Latouche |
Marmande
La première gorgée de vin
Depuis septembre, la Cité de la formation propose, une fois par mois, des ateliers de dégustation de vin. Un tour de France des appellations qui affiche complet.
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Sud Ouest 14 décembre 2010 06h00 | Par Emmanuelle Latouche |
Marmande
La première gorgée de vin
Depuis septembre, la Cité de la formation propose, une fois par mois, des ateliers de dégustation de vin. Un tour de France des appellations qui affiche complet.
Des Marmandais de tous horizons se retrouvent une fois par mois autour de Pierre Bonnet. photo e. l.
Deux vins blancs, trois vins rouges, dix amateurs, un connaisseur. Le temps d'une soirée, une fois par mois, la Cité de la formation fait ainsi escale au milieu des vignes d'une région de France.
Après le Jura et l'Alsace, les désormais adeptes de ces ateliers de dégustation s'attablaient en ce jeudi soir de la fin novembre devant deux verres vides par convive bientôt remplis de vins de Bourgogne.
Timides bonsoirs, l'ambiance n'est pas encore à la décontraction. Mais il suffit d'un « kloups » (bruit du débouchage d'un bourgogne aligoté) pour lancer les réjouissances. Pas de « admirer la cuisse », « quel vin gouleyant » et autres expressions pompeuses. « On n'est pas là pour faire de l'étalage de culture mais pour apprécier des vins le plus simplement du monde », annonce l'animateur de l'atelier Pierre Bonnet. Le Kir est servi, généreusement. « On dort sur le parking ce soir ? » Éclats de rires. Tous sont là pour la même chose : passer un bon moment.
Et apprendre. Saviez-vous que le Kir était une marque déposée, qui vaut trois fois plus chère que la classique crème de cassis ? Les convives s'étonneront aussi d'apprendre que les grands crus et premiers crus de vin blanc bourguignons sont élaborés avec du raisin rouge. Étonnant mais vrai.
Des anecdotes racontées avec passion tandis qu'arrivent sur la table des mises en bouche, spécialités de la région étudiée. Succulents crapiaux préparés par Sandrine Belloc, responsable, elle, des ateliers cuisine depuis un an. Le succès qu'elle y rencontre a donné envie à Pierre Bonnet de lancer ces ateliers autour du vin dont il est passionné. « En tant que Cité de la formation et donc service public, il est intéressant d'ouvrir nos portes à tous, et pour une somme modique comparée aux prix de certains vins servis. »
Sortir du vignoble bordelaisContrairement aux idées reçues en effet, ces rendez-vous sont loin d'être réservés à une élite, ni aux hommes. « J'ai connu ces ateliers grâce aux cours de cuisine. Je trouve ça intéressant de goûter des vins pour savoir avec quoi accompagner avec mes plats », explique cette employée de la mairie.
Comme tous les autres, elle a son avis sur le vin servi, ce qui intéresse Pierre Bonnet. À chaque fois qu'il sert un nouveau vin, le trentenaire à la voix posée s'enquiert des impressions. « On aime ou on n'aime pas un vin. C'est ce qui fait dire si c'est un grand vin ou non. Ce n'est ni sa renommée ni son prix. » Pourtant, pour cette escale bourguignonne, Pierre Bonnet a recherché de « belles bouteilles » (plus de 100 euros pièce, parfois offerte). « Pour faire connaître des vins que le particulier ne s'offrirait pas. »
Et Robert, technico-commercial, Daniel, commerçant et Éric, comptable, apprécient de découvrir des vins d'ailleurs. « Quand on reçoit, on achète souvent des valeurs sûres. Et en tant qu'Aquitain, on achète souvent des vins de Bordeaux… », reconnaît Éric.
Hospice-de-beaune 2006, pommard premier cru 2003, gevrey-chambertin 2001. Patrice n'est pas déçu du cadeau offert par sa fille pour ses 60 ans. S'il sait dire si un vin a un joli bouquet, il boit lui aussi les paroles de Pierre quand il parle de la pruine, cette bactérie qui fait que la vinification se met en marche.
Se nourrir l'esprit« Contrairement à un atelier qu'un restaurant privé ou un négociant aurait organisé, on sait qu'ici il n'y a pas de démarche commerciale. Il n'a rien à vendre », souligne Robert.
Deux heures après la première gorgée de vin, les néoconnaisseurs de bourgogne rigolent entre eux, débattent du vin de Chine, échangent des conseils. Pas d'excès néanmoins, même si on ne recrache pas ici, pour apprécier le vin jusque derrière le palais. « J'ai juste bu ce qu'il faut pour savoir que je me laisserai tenter par un bourgogne la prochaine fois », annonce un autre Éric, jusqu'alors « nul en vin ! »
Tous avaient laissé au vestiaire la réunion à préparer, le budget à revoir, la commande à livrer et autres RTT à récupérer. « On s'est vidé la tête mais nourrit l'esprit », remarquera très justement un convive aux joues un peu rosies. « Vivement la prochaine fois ! » Elle a justement lieu jeudi et devrait tenir toutes ses promesses : au menu de la halte champenoise, du champagne rouge fabriqué par un seul vigneron au monde…
Renseignement au 05 53 76 04 16.
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